Fosses & micro-stations

Bac dégraisseur : quand l'installer et comment l'entretenir

9 min de lecture
Devis gratuits d'artisans vérifiés · réponse sous 24h
Bac dégraisseur : quand l'installer et comment l'entretenir

Un bac dégraisseur est une petite cuve enterrée, placée sur le circuit des eaux ménagères, qui retient graisses, huiles et matières flottantes avant la fosse toutes eaux. L’arrêté du 7 septembre 2009 l’impose quand ces graisses menacent la filière et le déconseille ailleurs, sauf si plus de dix mètres de tuyau séparent la maison de la fosse.

Le rôle du bac dégraisseur : arrêter les graisses avant la fosse

Les eaux de l’évier et du lave-vaisselle emportent des graisses encore liquides, qui figent en refroidissant sur la paroi du tuyau ou à la surface de la cuve. L’annexe 1 de l’arrêté du 7 septembre 2009 définit le bac dégraisseur comme un dispositif destiné à la rétention des matières solides, graisses et huiles contenues dans les eaux ménagères. Il ne traite rien. Il trie, en amont, ce qui encrasserait l’aval.

Les eaux-vannes des toilettes rejoignent directement la fosse ; les eaux de cuisine transitent d’abord par le bac, puis rejoignent la même cuve. L’article 3 de l’arrêté impose le traitement commun de l’ensemble des eaux usées domestiques. Le bac précède la fosse toutes eaux, il ne la remplace pas.

Une cuve calme et une sortie plongeante

Le principe tient de la décantation. L’eau entre, ralentit et refroidit. Les graisses, plus légères que l’eau, montent et forment une croûte en surface ; les particules lourdes, marc de café ou sable des légumes du potager, tombent au fond. La sortie, un té ou une cloison plongeante, prélève l’eau à mi-hauteur, sous la croûte et au-dessus des dépôts.

Le texte précise ce que recouvre le volume utile : le volume offert au liquide et aux matières retenues en dessous de l’orifice de sortie. Trop petite, la cuve laisse passer des eaux tièdes dont les graisses figent plus loin, dans la fosse ou sur son préfiltre.

Sur le terrain, le bac se reconnaît à son tampon, plus petit que celui de la fosse et tout près du mur de la cuisine. Les acheteurs de maisons anciennes du Biterrois le cherchent souvent au mauvais endroit : le bac à graisse d’une fosse septique ne se trouve pas sur la fosse, mais entre la maison et elle, sur le tuyau de l’évier.

Évier de cuisine en inox propre avec une poêle posée sur l’égouttoir

Obligatoire ou non : deux passages de l’arrêté tranchent

L’article 6 de l’arrêté du 7 septembre 2009, modifié par l’arrêté du 7 mars 2012, pose la règle : lorsque les huiles et les graisses sont susceptibles de provoquer des dépôts préjudiciables à l’acheminement des eaux usées ou à leur traitement, un bac dégraisseur est installé dans le circuit des eaux ménagères et le plus près possible de leur émission. L’annexe 1 en donne la lecture pratique : le dispositif n’est pas conseillé, sauf si la longueur des canalisations entre la sortie de l’habitation et le dispositif de prétraitement dépasse dix mètres.

La logique est physique. Sur un trajet court, les graisses arrivent encore chaudes dans la fosse toutes eaux, que le même texte décrit comme un ouvrage de rétention des matières solides et des déchets flottants : elles y restent piégées. Sur un trajet long, elles ont le temps de figer dans le tuyau. Le bac à graisse les arrête alors avant ce parcours.

Le NF DTU 64.1, qui encadre la mise en œuvre de ces installations, va dans le même sens : le bac se place en amont de la fosse, au plus près de l’habitation.

Deux volumes minimaux, selon ce qui transite

L’annexe 1 fixe un volume utile d’au moins 200 litres pour la desserte d’une cuisine, et d’au moins 500 litres si toutes les eaux ménagères passent par le bac. Les petits modèles conçus pour une pose sous l’évier restent loin de ces minimums.

Situation de la maisonCe que prévoit l’arrêté de 2009Lecture sur le terrain
Cuisine proche, moins de dix mètres de tuyau jusqu’à la fosseBac non conseillé (annexe 1)Évier raccordé directement à la fosse toutes eaux
Plus de dix mètres entre la sortie de la maison et la fosseBac envisageable, au plus près de l’émission200 litres pour la cuisine, 500 pour toutes les eaux ménagères
Graisses susceptibles de créer des dépôts (article 6)Bac installé sur le circuit des eaux ménagèresCuisine très sollicitée, évier d’été éloigné

Sur une ancienne fosse septique, qui ne reçoit que les eaux des toilettes, les eaux de cuisine partaient directement vers l’épandage, et le bac était leur unique prétraitement. Notre page sur la différence entre fosse septique et fosse toutes eaux explique comment repérer ce montage depuis la surface.

Une cuisine de restaurant ou de traiteur sort du cadre domestique : elle relève d’un séparateur à graisses dimensionné selon la norme NF EN 1825, pas d’un bac de maison.

Où placer le bac sur votre terrain

L’article 6 donne la consigne principale : le plus près possible de l’émission des eaux. Concrètement, le bac se pose contre la façade, sous la sortie de la canalisation de cuisine. Plus il s’éloigne de l’évier, plus les graisses figent dans le tronçon amont, celui que le bac ne protège pas.

L’article 15 veut des ouvrages fermés en permanence et accessibles pour leur entretien et leur contrôle. Un couvercle enfoui sous un massif de romarins n’y répond plus. Quelques règles de bon sens complètent le texte :

  • une rehausse qui affleure le terrain fini, pour ouvrir le bac sans pioche ;
  • un emplacement hors du passage des voitures, sauf modèle prévu pour cet usage ;
  • des eaux ménagères seulement, sans raccordement des toilettes ni des gouttières ;
  • un peu de distance avec les figuiers, lauriers et mûriers, dont les racines cherchent l’humidité des joints.

Dans le Biterrois, le cas typique reste la cuisine d’été : un évier extérieur sous la treille, près du barbecue. Ses eaux chargées de graisses de grillade restent des eaux ménagères et rejoignent la filière. Quand cet évier se trouve à l’opposé de la fosse, c’est souvent lui qui justifie un bac, posé à son pied.

Sur les coteaux argilo-calcaires de la vallée de l’Orb ou autour de Saint-Chinian, où le rocher affleure vite, la fouille d’un bac se prépare comme celle d’une cuve : lit de sable, calage soigné, remblai sans cailloux.

Bac dégraisseur neuf en polyéthylène posé au fond d’une fouille de terre ocre, près du mur d’une maison, avant remblai

Entretenir un bac dégraisseur, geste par geste

L’article 15 de l’arrêté met l’entretien à la charge du propriétaire et cite nommément les dispositifs de dégraissage, dans le cas où la filière le prévoit. Le calendrier d’ensemble de la filière se trouve dans la page consacrée au calendrier d’entretien d’une fosse toutes eaux ; voici les gestes propres au bac.

Regarder la croûte avant d’agir

Soulevez le couvercle un matin, avant que la maison ait cuisiné. Une croûte claire et mince signale un bac qui travaille. Une couche épaisse et compacte, qui descend vers l’entrée de la sortie plongeante, signale un bac saturé : les graisses suivantes filent vers la fosse. Une famille qui cuisine chaque soir ne charge pas son bac au rythme d’un couple en résidence secondaire à Sérignan : votre cuisine fixe la fréquence de ce coup d’œil.

Écumer, puis nettoyer

Équipez-vous de gants, d’une épuisette et d’un seau. Retirez la croûte de graisses par plaques, laissez-la s’égoutter au-dessus du bac, puis jetez-la dans un sac fermé, avec les ordures ménagères, jamais dans les toilettes. Grattez ensuite le pourtour de la sortie et vérifiez que le té plongeant reste en place. Refermez le couvercle avec soin : un tampon mal posé laisse sortir les odeurs et entrer la terre.

La vidange complète, confiée à un professionnel agréé

Avec le temps, les dépôts du fond et la graisse collée aux parois grignotent le volume utile, et seule une vidange complète rend au bac sa capacité. L’article 15 confie cette opération à des personnes agréées par le préfet. Faites-la coïncider avec celle de la fosse : le vidangeur aspire le bac, rince ses parois et vous remet un bordereau de suivi. Le bac se remet ensuite en eau claire, pour que la séparation reprenne dès le premier repas.

Camion de vidange à citerne unie stationné au loin dans une ruelle de village méditerranéen

Ce qui ne doit jamais passer par l’évier

  • Les huiles de friture et les fonds de cocotte, à jeter refroidis dans un récipient fermé.
  • Les lingettes, essuie-tout et cotons, qui ne se dégradent pas et s’accrochent à la sortie.
  • La soude caustique et les produits acides, qui attaquent la flore bactérienne de la fosse en aval.
  • L’eau de javel versée en quantité, pour la même raison.
  • Les solvants, fonds de peinture et produits de traitement de la vigne.

Quel produit mettre dans un bac à graisse ? Aucun texte n’en impose : l’arrêté de 2009 parle d’entretien et de vidange, jamais d’additif. Les sachets d’enzymes ou de bactéries ne dispensent ni de l’écumage ni de la vidange. Les dégraissants puissants versés en quantité produisent même l’effet inverse : ils émulsionnent les graisses, qui traversent le bac au lieu de remonter.

Ce que le SPANC observe autour du dégraissage

Le service public d’assainissement non collectif regarde le bac comme une pièce de la filière. Sur un projet neuf, le technicien examine sa place dans le plan, la longueur du tuyau de cuisine et le volume retenu. Au contrôle de bonne exécution, il vérifie que le bac se trouve sur le circuit des eaux ménagères, en amont de la fosse.

Sur une installation existante, le contrôle de fonctionnement et d’entretien porte surtout sur trois points :

  • le regard du bac, accessible et fermé, comme l’exige l’article 15 ;
  • l’état visible de la cuve et de sa croûte, signe d’un entretien suivi ou négligé ;
  • les justificatifs de vidange, bordereaux à l’appui.

Un bac recouvert par une terrasse carrelée pose plus de difficultés qu’un bac chargé : plus personne ne peut l’entretenir ni le contrôler. Le déroulé de ces contrôles figure dans notre rubrique sur l’assainissement non collectif dans l’Hérault.

Bac dégraisseur et micro-station : le guide d’utilisation fait foi

Une micro-station ou une filière compacte agréée obéit à son propre document. L’article 15 renvoie aux conditions d’entretien mentionnées dans le guide d’utilisation, et la périodicité de vidange peut elle-même être précisée dans l’avis d’agrément publié au Journal officiel. Ce guide dit si un bac dégraisseur est prévu en amont et comment il s’entretient.

Beaucoup de ces dispositifs commencent par un compartiment de décantation qui assure une partie de cette rétention. Les graisses restent pourtant mal tolérées par l’étage biologique, où les bactéries épurent l’eau : une cuisine très portée sur la friture pèse sur leur travail. Avant d’ajouter un bac que le guide ne prévoit pas, posez la question à l’installateur et au SPANC. La rubrique fosses toutes eaux et micro-stations compare ces filières dans l’Hérault.

Prochaine étape : repérez le tampon le plus proche de la cuisine, soulevez-le un matin et regardez la croûte. Si vous ne le trouvez pas, le schéma de l’installation ou le dernier rapport du SPANC vous dira s’il existe, et où.

#bac dégraisseur obligatoire #entretien bac à graisse #où placer un bac dégraisseur #bac dégraisseur fosse toutes eaux #volume bac à graisse maison

Votre besoin en assainissement

Gratuit, sans engagement · réponse sous 24h

Étape 1 sur 4

Où se situent les travaux ?

Pour trouver des professionnels près de chez vous.

Comment vous appelez-vous ?

Votre numéro pour recevoir les devis

Les professionnels vous rappellent directement.

Votre e-mail

Pour recevoir la confirmation de votre demande.

Demande envoyée !

Des professionnels vérifiés vont vous recontacter sous 24h. Pensez à décrocher les numéros locaux.